Expert du bikefit : Mads
Qui suis-je ?
Je m’appelle Mads Christensen. J’ai un parcours de cycliste professionnel au niveau World Tour, où j’ai notamment couru pour des équipes comme Saxo Bank et Quick Step.
Je suis formé comme thérapeute corporel et j’adopte une approche globale, où le lien entre le physique et le mental est essentiel.
Mon expérience personnelle sur le vélo, combinée à mes connaissances en physiologie, constitue la base de ma manière de travailler. J’utilise avant tout mon expérience terrain, plutôt que des calculs informatisés, pour ajuster votre position sur le vélo. Cela signifie que je me concentre avant tout sur vos capacités physiologiques et vos prérequis corporels pour être bien installé sur un vélo.
Je considère le corps et le vélo comme une unité, une véritable symbiose, où la position doit être équilibrée. Il est donc essentiel que tous les éléments fonctionnent ensemble afin d’atteindre un confort optimal et de meilleures performances.
Lien vers le site du bikefit : https://www.adventurecycling.dk/thebikefitstudio
Qu’est-ce que le bikefit ?
Le bike fitting est un processus qui permet d’adapter parfaitement le vélo à son cycliste. Il comprend une évaluation approfondie de votre corps et de vos besoins, avec un échange sur vos objectifs et d’éventuelles problématiques, un examen physique, puis l’ajustement des différents composants du vélo comme la selle, le cintre, les pédales et les chaussures.
Durée de la séance :
Une séance de bikefit dure généralement entre 1 h 30 et 2 h et comprend :
- Dialogue : Nous commençons par un échange sur vos habitudes de cyclisme, vos objectifs et les éventuelles douleurs, blessures ou gênes liées au vélo.
- Examen préliminaire : Un examen physique approfondi afin d’identifier vos points forts, vos faiblesses et vos asymétries. C’est l’une des phases les plus importantes, car elle me permet de déterminer précisément vos besoins et les ajustements nécessaires.
- Réglages : Ajustement des composants du vélo sur la base de l’entretien initial et de l’examen physique, afin d’optimiser votre position. Cela inclut le réglage des chaussures et des cales, le choix et l’ajustement de la selle, ainsi que la position du cintre par rapport aux mains, aux bras, aux épaules, au cou et au reste du haut du corps.
- Test sur le vélo : Un test est effectué, suivi des derniers ajustements fins, afin de s’assurer que vous vous sentez à la fois à l’aise et efficace sur le vélo.
- Enfin, le vélo est mesuré et toutes les données sont consignées dans un rapport de bikefit, accompagnées de notes issues de l’examen initial.
Pourquoi faire un bikefit ?
Un bikefit adapté permet de prévenir et de traiter les blessures, d’améliorer le confort et d’optimiser les performances. Les blessures les plus fréquentes que j’observe chez les cyclistes concernent :
- Poignets, coudes et épaules : Souvent liés à une mauvaise position du cintre ou à une charge excessive sur les mains.
- Cou : Les douleurs cervicales peuvent être dues à une selle ou une hauteur de selle inadaptée, ou à une position du cintre qui oblige à regarder vers le haut de manière non naturelle.
- Dos : Un vélo mal réglé peut provoquer des douleurs dorsales, souvent en lien avec une mauvaise hauteur ou position de selle.
- Genoux et hanches : Ces zones sont très sensibles à une mauvaise position des cales, à la longueur des manivelles ou à la hauteur de selle. Beaucoup de cyclistes bénéficient grandement de semelles spécifiques au vélo, qui améliorent la stabilité des pieds, des genoux et des hanches, augmentent la surface de contact, le confort et le transfert de puissance.

Différences entre un athlète et un cycliste loisir
Un athlète de haut niveau et un cycliste loisir n’ont pas les mêmes besoins ni les mêmes objectifs. Là où l’athlète cherche avant tout à optimiser ses performances, le cycliste amateur recherche souvent davantage de confort et de prévention des blessures. Le bikefit tient compte de ces différences afin que chacun tire le maximum de son vélo.
Optimisation des performances et confort
Pour produire l’équivalent d’un cheval-vapeur, il faut développer environ 750 watts. Combien de temps pouvez-vous maintenir 750 watts ?
Lorsqu’on parle de performance à vélo, le bikefit est indispensable. La moindre perte d’énergie peut limiter votre capacité à délivrer votre plein potentiel.
Un bon bikefit améliore à la fois les performances et le confort. En étant correctement positionné, vous pouvez activer plus facilement les grands groupes musculaires de manière optimale. Cela permet de produire plus de puissance aux pédales sans gaspiller d’énergie et sans surcharger inutilement les muscles et les articulations.
Prévention des blessures
En évitant les blessures grâce à un réglage précis du vélo, vous limitez les douleurs et les inconforts qui peuvent vous empêcher de rouler régulièrement. C’est particulièrement important pour les cyclistes qui s’entraînent beaucoup, car de petits ajustements peuvent avoir un impact majeur.
Adaptation en cas de douleurs, blessures ou gênes existantes
Si vous présentez déjà des douleurs, des blessures ou des gênes, un bikefit permet d’adapter votre position afin de réduire les contraintes sur les zones sensibles. Cela peut faire une réelle différence sur votre confort à vélo et contribuer à accélérer le processus de récupération.
Le bikefit n’est pas un luxe réservé aux cyclistes professionnels. C’est une nécessité pour toute personne souhaitant tirer le meilleur de sa pratique, quel que soit son niveau. En adaptant parfaitement le vélo à votre corps, vous améliorez votre confort, prévenez les blessures et optimisez vos performances.
Kinésithérapeute et étudiant en ostéopathie : Emil
Ostéopathie et blessures liées au cyclisme
Les blessures, douleurs et gênes liées au cyclisme peuvent toucher l’ensemble du corps et avoir des causes variées. Elles peuvent généralement être regroupées en trois catégories.
- Blessure aiguë : Survient le plus souvent à la suite d’une chute ou d’un traumatisme, avec atteinte des tissus.
- Surcharge : Des schémas de compensation qui, avec le temps, peuvent évoluer vers des lésions tissulaires. Un manque de récupération par rapport au volume d’entraînement est également un facteur connu des blessures de surutilisation, car le corps reste alors dans une phase de dégradation plutôt que de construction.
- Limitations psychologiques : La capacité à « oser » et à laisser le corps se concentrer pleinement sur la performance, sans freiner les capacités physiques à cause, par exemple, d’anciennes chutes.

Nous observons des blessures dans tout le corps chez les cyclistes, mais les problématiques les plus fréquentes concernent le bas du dos, les hanches et le bassin. Cette zone constitue le véritable pivot du cyclisme, car c’est là que la majorité de la puissance est produite pour générer le plus de watts possible. Les difficultés à ce niveau sont souvent liées à des compressions de la vascularisation et de l’innervation, généralement causées par des tensions des tissus conjonctifs et musculaires, notamment des fléchisseurs de hanche et du diaphragme, une diminution de la mobilité articulaire, des malpositions ou des restrictions au niveau des organes. Ces éléments ont un impact négatif sur la performance, et le cerveau tend alors à inhiber ces zones comme mécanisme de protection. Un problème souvent sous-estimé chez les cyclistes concerne le nerf pudendal, pouvant entraîner une névralgie pudendale. Ce nerf assure des fonctions sensitives et motrices du bassin et du bas-ventre, notamment au niveau des organes génitaux et du rectum.
Le nerf pudendal prend naissance au niveau du sacrum, entre S2 et S4, et chemine sous le ligament sacrotubéral. Ce ligament est également un point d’insertion pour deux muscles importants utilisés à vélo, le grand fessier et le chef long du biceps fémoral. La compression du nerf pudendal peut être douloureuse et s’aggraver lors de l’étirement des ischio-jambiers ou du nerf, ainsi que par une compression directe, comme lors de la position assise sur une selle. La névralgie pudendale peut provoquer des douleurs et ou des troubles de la sensibilité dans le bas-ventre, perturber la miction et la défécation, et entraîner des troubles de l’érection. Les solutions peuvent inclure un traitement manuel, un ajustement de la position sur le vélo et le choix d’une selle adaptée permettant de soulager le plancher pelvien.
Le traitement ostéopathique est une approche manuelle globale qui peut constituer un élément précieux de la rééducation après une blessure, mais aussi une mesure d’entretien et de prévention des blessures futures.
